Comme plusieurs s’y attendaient, la Banque du Canada a laissé
inchangé son taux cible de financement à un jour à 0,25 p. 100 le 2 mars
2010. Le taux directeur de la Banque, qui est un quart de point de
pourcentage supérieur au taux cible de financement à un jour, demeure
inchangé à 0,5 p. 100.
La Banque a reconnu que le niveau de l’activité économique et de
l’inflation ont repris de façon plus vigoureuse qu’elle ne l’avait
prévue antérieurement. Dans sa dernière livraison du Rapport sur la
politique monétaire publiée en janvier 2010, la Banque avait prédit
que l’économie canadienne s’améliorerait de 3,3 p. 100 et que
l’inflation de base s’établirait à 1,6 p. 100 au quatrième trimestre de
2009. En fait, l’économie canadienne était en hausse à un taux annualisé
de cinq pour-cent, et l’Inflation de base d’une année à l’autre
s’élevait à deux pour-cent en décembre 2009.
Pour reprendre les paroles de la Banque : « La reprise économique
mondiale en cours découle largement de la croissance vigoureuse de la
demande intérieure dans de nombreuses économies de marché émergentes et
est alimentée par les mesures exceptionnelles de détente monétaire et
budgétaire prises dans les économies avancées ainsi que par les actions
extraordinaires menées par ces dernières à l’appui des systèmes
financiers. »
Cependant, les marchés financiers fixeront leur attention sur la
formulation des annonces de la Banque par rapport à celles qu’elle avait
faites avant la récession. Dans sa présentation du 2 mars, la Banque a
fait savoir que « les principaux risques macroéconomiques entourant sa
projection concernant l’inflation sont relativement équilibrés ». C’est
la première fois en plus d’un an qu’elle juge que les risques entourant
sa projection concernant l’inflation étaient à la baisse.
La Banque a également réitéré son engagement à maintenir son taux
cible de financement à un jour jusqu’au deuxième semestre de 2010, sous
réserve des perspectives actuelles concernant l’inflation.
« Cependant, les marchés financiers regarderont au-delà de
l’engagement conditionnel de la Banque et miseront sur le fait qu’elle
augmentera ses taux avant cette échéance », affirma l’économiste en chef
de l’ACI, Gregory Klump. « Cela exercera une pression à la hausse sur
le taux de change canado-américain, et fera de la déclaration de la
Banque, que « la vigueur persistante du dollar canadien et le bas niveau
de la demande américaine, en chiffres absolus, continue[ro]nt de
freiner considérablement l’activité économique au Canada », une
prévision défaitiste qui se réalise. »
« Les taux d’intérêt augmenteront, mais les hausses seront modestes
et s’étaleront sur un certain temps. La Banque s’attend que la
croissance économique dépendra de la demande intérieure une fois qu’on
mettra fin aux mesures de dépenses incitatives du gouvernement. En
augmentant les taux d’intérêt, trop et trop tôt, nous courons le risque
d’essouffler la croissance économique. », ajouta M. Klump.
Le 2 mars, le taux d’intérêt hypothécaire ordinaire de cinq ans
s’établissait à 5,39 p. 100.
Cela représente une baisse de 04, p. 100 par rapport à l’année
précédente, et il est de 0,1 p. 100 inférieur au taux d’intérêt qu’avait
annoncé la Banque le 19 janvier 2010.
L’amélioration de la conjoncture du marché du crédit a amené les
prêteurs à accorder une fois de plus des taux d’intérêt hypothécaire
inférieurs aux taux annoncés. Il est donc possible de négocier des taux
réduits jusqu’à un point de pourcentage, dépendant de la relation qui
existe entre le prêteur et le client.